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Poesie 


L'ARGENT QUI DORT….

Ce matin, je crois que c 'est mon jour de chance ! Il y a des jours comme ça, où tout marche comme sur des roulettes... Je suis passé lire la Presse à la Médiathèque, et devinez ce qui me tombe sous la main ? Un avis de concours d’écriture de Nouvelles, avec pour sujet, tout ce qui touche au spectacle, cinéma, artistes, scénarios... Mon rêve ! figurez-vous que j’adore l’écriture, et comme tous les grands timides, les timorés, j’ai l’impression en écrivant de renaître dans les personnages qui m’inspirent, et que je tente de faire vivre dans des aventures rocambolesques !! ..... Je suis en vacances, le moral est au beau fixe, et tout en flânant dans les rues piétonnes, je construis mentalement un scénario qui à première vue, devrait tenir la route... voyez un peu ce que je mijote :

Un petit cirque est installé au Foirail - un numéro de trapèze volant avec Bernard Giraudeau qui se balance tout là-haut, et qui n’a d’yeux que pour une jeune femme qui passe dans les gradins, vendant des esquimaux, boissons fraîches, programmes, photos, et c’est la charmante Arielle Dombasle qui hérite de ce rôle ! Au centre de la piste, une cage avec trois ou quatre lions, qui pour le moment obéissent au doigt et à l’oeil à leur dompteur qui pousse des commandements des plus sonores, tout en faisant claquer son fouet toutes les deux secondes ! J’ai confié ce rôle à Jacques Villeret qui se prend de temps en temps les pieds avec la lanière de son fouet, car notre garçon ne quitte pas des yeux la belle Arielle, dont il est un amoureux transi, celle-ci ayant donné son coeur au beau trapéziste... Résultat des courses : monsieur Giraudeau des plus distrait par sa belle, loupe régulièrement ses partenaires qui viennent tomber comme des fruits mûrs dans un grand filet, et hélas, rebondissent, pour atterrir parmi les fauves !! Monsieur Villeret, qui ne quitte pas des yeux la séduisante Arielle , ne fait pas dans le détail, puisqu’il administre généreusement quelques coups de fouet, aux trapézistes comme à ses fauves, et il ne se rend pas du tout compte qu’un des lions vient de filer à l’anglaise, et se promène maintenant au milieu des gradins !! Je vais tenter de décrire cette énorme bousculade qui s’ensuit parmi les spectateurs horrifiés, tandis que nos trois héros continuent leur travail sans remarquer un seul instant cette véritable catastrophe !! J’éclate de rire, en pleine rue, comme un simplet, en imaginant la suite du scénario : Notre dompteur, prenant les cris d’horreur des spectateurs paniqués, pour des ovations qui lui sont naturellement destinées, commence à sautiller dans sa cage, en faisant de grands gestes vers le public, tout en retenant avec peine son pantalon qui a tendance à glisser sur ses genoux !

Mais... mais qu’est-ce qu’il m’arrive ? la journée commençait si bien ; tout à mon scénario, j’ai complètement déconnecté de la réalité, et me voila figé sur le bord du trottoir, les bras ballants... mais bon sang !! c’est quoi cette histoire ? Ecoutez, je ne sais plus du tout où j'en suis... si j'avais le coeur à rire , je vous dirais plutôt : où j'habite !! Oui, voilà le noeud du problème : l'habitation... je suis dans une drôle de mélasse croyez- moi... Excusez moi, je ne me suis pas encore présenté : Roger DUPRE, 29 ans, étudiant à vie..... Nous sommes début juillet, et je suis venu passer de longues vacances au domicile familial. Autant être clair avec vous ; mes parents ont divorcé alors que j'étais tout gamin, mon père est décédé quelques années après, et maman a épousé un collègue , enseignant tout comme elle, ce qui fait qu'elle s'appelle maintenant madame DUBAU. Le beau-père, Serge de son prénom, est un gars très cool - entre lui et moi, le courant est bien passé, et je mène à Paris, depuis mon plus jeune âge, une vie d'étudiant des plus convenable. Je ne suis pas des plus brillants, d'où ma petite pique de tout à l'heure, me gratifiant d'étudiant à vie !... Comme Cyrano, je préfère prendre les devants.... Je ne sais pas exactement ce qui s'est passé, mais tout c'est déroulé en apparence très normalement, pour se transformer rapidement en cauchemar!! Je ne vais pas vous faire languir plus longtemps, autant vous expliquer la situation , dans laquelle je me trouve sans trop savoir pourquoi !

Voilà, mes Parents sont partis vers midi , pour leurs habituelles vacances estivales - on s'est donné rendez-vous fin août, et comme tous les ans j'ai promis de bien arroser les plantes, et de veiller à ce que Oscar, le poisson rouge, ne manque de rien..... Je viens de me rendre compte que je n'ai plus de tabac, et après avoir prélevé un billet de cinquante francs dans mon portefeuille, je retrouve Maman et Serge, s'appliquant à ranger avec beaucoup de méthode leurs bagages, dans leur vieille 205. Chez " René " , le café-Tabac au coin de l'avenue, il y a affluence... ce brave René ne sait plus ou donner de la tête ! Il y a, à ce qu'il paraît une super cagnotte de 30 millions, au tirage de ce soir, et j'ai l'impression que tout le quartier rêve en même temps de devenir millionnaire!!... Mon tour arrive enfin, et avec les cigarettes, je décide de tenter ma chance, et demande machinalement un " flash " à huit francs, que je garde à la main. Je viens de réaliser à cet instant précis, que je n'ai pas pris mon habituelle sacoche, ou se trouve " l'indispensable " pour tout homme civilisé.... Je pique un sprint sur l'avenue, mais je constate très rapidement que la famille a largué les amarres... plus de voiture... Bon ! Surtout pas de panique, je suis anxieux de nature, alors autant prendre les choses calmement dès le départ... Je monte tout de même quatre à quatre, les deux étages, et je sonne bêtement à la porte.... naturellement, rien ne se produit. Me revoici l'instant d'après, au bar " chez René " ... il y a toujours autant de monde, mais mon tour arrive enfin . Je lui explique mon problème, et lui demande avec mon plus beau sourire, de m'avancer une carte téléphonique, que je lui réglerai dans les deux minutes... c'est simplement pour téléphoner, demander de l'aide quoi ! Un copain de Fac doit bien traîner dans les parages, et j'ai une bonne douzaine de numéros en mémoire.... René m'accorde un rapide regard, et me montre du doigt une pancarte soigneusement encadrée, indiquant : Afin de conserver ses amis - la maison ne fait pas crédit. Bon ! ça va, j'ai compris, ce n'est pas la peine d'insister... Je me retrouve à la case départ : deuxième étage - je sonne machinalement.... bien entendu, il n'y a pas de miracle.... Tiens !! Si je sonnais chez nos voisins, les BRUNET, ils m'ont connu au berceau.. La porte s'ouvre, et un grand gaillard me regarde sourcils froncés - dans son dos, j'entends un vacarme épouvantable... ça y est , j'ai saisi, il regarde un match de football à la télé. En deux mots, j'apprends que les BRUNET ont déménagé, qu'il est le nouveau locataire, et que je l'empêche de voir son match... Avec l'énergie du désespoir, je m'accroche, m'incruste, insiste, implore... juste un coup de téléphone à un serrurier, et je lui rembourserai sa communication à la seconde où ma porte sera ouverte .. Il consent enfin à me laisser entrer, et en maugréant il me désigne un téléphone mural. Il se précipite dans son séjour pour suivre son match... moi j'essaie en vain de mettre la main sur un annuaire, un Minitel... rien.. rien de rien !! Je me décide à affronter l'autre phénomène, et lui demande d'une voix chevrotante , où se trouve son annuaire ? Je vois son visage s'empourprer !! il se précipite dans la pièce à côté, et me lance en plein visage l'annuaire téléphonique, en hurlant : cette fois, j'espère que ce sera tout ?? Deux minutes après, j'ai par chance, un serrurier au bout du fil... j'ai choisi à dessein, un artisan du quartier, afin de limiter son dérangement, et mon interlocuteur consent à passer au domicile, en fin de soirée.. Je pose l'annuaire sur une tablette, et me retire sur la pointe des pieds, de chez mon irrascible voisin.. Bon, je n'ai plus qu'à attendre mon " sauveur " avec patience, car il m'a semblé entendre au téléphone, le commentaire d'un certain match de foot !!... Décidément, je suis le seul dans le quartier à ne pas m'intéresser au ballon.

Il va être 19 heures, quand une camionnette vient se garer devant l'immeuble. Un ouvrier en tenue de travail, une mallette métallique à la main, en descend, et je vais aussitôt à sa rencontre. Je suis soulagé, heureux, Ouf ! Enfin je vais être débarrassé de ce gros problème - J'ai presque envie de le remercier d'avoir fait diligence, mais il pourrait prendre mes propos, pour des sarcasmes ... Je me contente de grimper les deux étages à sa suite , et le voilà enfin à pied d'oeuvre. Je me poste devant l'interrupteur, et lui signale que je veille désormais à ce qu'il ait un éclairage permanent. Il examine la serrure avec soin, puis porte ses yeux sur la plaque portant le nom de l'occupant, et là, c'est la catastrophe !! Oui, je vois tout de suite que de gros nuages noirs s'amoncellent à l'horizon... nuages qui viennent subitement assombrir son regard. L'air mauvais, le voilà qui m'apostrophe : Dites donc vous !! C'est bien DUPRE votre nom ?? Vous me l'avez indiqué tout à l'heure au téléphone !! Là, sur cette plaque, je vois inscrit DUBAU !! Vous me prenez pour un con ou quoi ? Ecoutez monsieur, monsieur... je vais vous expliquer... Je n'écoute rien !! votre nom c'est DUPRE, et vous voulez rentrer chez DUBAU !!... il poursuit : Vous avez du pot que j'ai autre chose à faire, sinon , je .. .. La porte d'à côté s'ouvre à la volée, et la trogne de mon aimable voisin apparaît ; En me voyant, il déverse un torrent d'injures, et conclut : Il n'a pas fini de nous emmerder ce gugus, et il claque sa porte !! Le serrurier me fusille du regard, et tourne les talons en maugréant entre ses dents des paroles que je ne puis saisir, mais qui sont tout, sauf des amabilités.....

Me voilà bien ! Mon Dieu, c'est inimaginable de se trouver dans une histoire pareille. J'essaye de réfléchir, mais tout est bloqué en moi ; je suis incapable d'avoir un commencement d'idée... Sans même m'en rendre compte, je me suis dirigé comme un automate jusqu'au commissariat de Police. C'est la première fois que je rentre dans ce lieu qui m'a toujours impressionné... attendez, qu'est-ce que je raconte .. je ne suis pas prêt à rentrer, puisqu'une solide grille en interdit l'accès. Une sonnette de nuit... une sonnerie stridente, et l'instant d'après, un fonctionnaire de police apparaît, mais il ne fait pas mine d'ouvrir, mais alors pas du tout... d'une voix peu amène, il m'interpelle : c'est pour quoi ? Le plus calmement possible, je lui expose ma situation ... il m'interrompt brutalement ! Ecoutez pour les démarches administratives : cartes grises, cartes d'identité, permis, passeport, la Préfecture ouvre ses guichets le lundi à huit heures trente, moi, je n'ai rien à voir avec vos petits soucis !! Il poursuit : Il n'y a pas d'agression, pas de vol, pas de plainte à déposer, alors où est le problème ?? Il tourne les talons, et ferme brutalement la porte du commissariat. Tristement je fais demi - tour, et me trouve nez à nez, avec un jeune policier. Il est du genre sympa au premier abord, puisqu'il s'adresse à moi en souriant, et me dit : Il n' est pas commode l'ancien ! Pas vrai ? ... et il continue sur sa lancée : Moi, je fais mon service militaire dans la maison, et croyez moi, c'est pas tous les jours fête !! Il sort de sa poche un paquet de cigarettes, m'en offre une ; Prenant mon courage à deux mains, je lui demande dans un souffle : Monsieur, pourriez vous m'avancer cent francs pour m'aider à faire des démarches.... il fronce immédiatement les sourcils.... je rabaisse aussitôt mes prétentions... cinquante francs monsieur, cinquante francs, le prix d'une carte té... Je n'ai pas fini ma phrase, il est parti, il est déjà au bout de la rue et il s'éloigne faire sa ronde, en compagnie d'un autre policier venu le rejoindre.

Je commence à avoir froid.. Nous sommes en juillet, mais la nuit est là, et je sens la fraîcheur tomber sur mes épaules. Que faire ? Je me dirige sans même en être conscient, vers l'Hopital Général. Un veilleur de nuit est à l'accueil, et me déclare avant même que je n'ai pu placer un mot : l'heure des visites est passé, revenez demain matin, après les soins... Je crois rêver... j'ai encore la force d'articuler : monsieur ! Par pitié, écoutez-moi, j'ai froid, j'ai faim, j'ai soif, je vais crever..... Puis je disjoncte d'un coup... mes nerfs lâchent et je m'entends hurler comme une bête : Je vais crever, merde !! Je vais crever ! Je vais... Des portes qui claquent, une galopade dans le couloir, et je suis happé par une demi-douzaine de bras. L'instant d'après, je me retrouve sur une civière, je sens un picotement très bref.. ça y est, j'ai eu droit à une piqûre, puisque rapidement une douce somnolence m'envahit, et me voilà au pays des songes. Je ne sais pas combien de temps je suis resté allongé - une minute, une heure ? Je ne le saurai jamais. J'apprends que je me trouve actuellement au service accueil, diagnostic et orientation . J'ai été accueilli puisque je me trouve sur cette civière, piqué de telle façon, que je n'ai pas la force de parler et encore moins de penser ! ... l'orientation : je suis invité à quitter les lieux puisque je ne suis pas malade ! j'essaye de lutter, de quémander un peu de nourriture, mais je n'arrive pas à formuler clairement mon souhait... saloperie de piqûre !! On consent tout de même a m'offrir un café froid, sans sucre, et devant ma grimace, dès la première gorgée, un infirmier, à l'oeil rigolard, me tend un gobelet d'eau qu'il a été chercher au distributeur mural. Tenez, buvez un bon coup, ça vous fera du bien ... à défaut de nourriture solide, je me remplis de liquide, puisque je bois un second verre, puis un troisième...

Me voilà dehors... l'Avenue est déserte.... de la lumière tout au bout de la rue.... je suis pour la troisième fois de la journée devant le café "Chez René " . L'animal est physionomiste, car j'ai à peine franchi le seuil, qu'il se met à hurler : Eh ! toi, l'ahuri, dégage, on ne fait pas la manche chez moi... Si tu n'as pas un rond pour téléphoner, tu n'as qu'à bosser, mon salaud... ( à son haleine, j'ai l'impression que monsieur René, est de loin, son meilleur client !.. ) Il me prend brutalement par le bras, ouvre grand la porte, et m'éjecte sur le trottoir, où je me retrouve affalé, car cette piqûre de tout à l'heure, m'a complètement vidée de mes forces. Je me lève péniblement, et je vois soigneusement garée le long du trottoir, la voiture de ronde de ces messieurs de la Police. Je reconnais le jeune gars qui m'avait offert une cigarette, et lui demande d' avoir pitié de moi, je renouvelle ma litanie : j'ai faim, j'ai froid, faites quelque chose... J'entends la voix de son collègue : Alors comme çà , tu as des relations avec les clodos maintenant ? .. et il en remet une louche : Toi, tu es fait pour être flic, comme ma soeur, pour être religieuse, et il part d'un énorme éclat de rire !! Il arrête net son rire quand il se rend compte, qu'au comble du désespoir, j'ai décidé d'uriner sur la portière arrière de leur véhicule !! La seconde d'après, je reçois une énorme beigne sur l'oreille, qui m'expédie à terre, complètement sonné ! Je sens mes poignets pris en étau par de solides menottes, et sans ménagement, je me retrouve balancé sur la banquette arrière de leur véhicule. Le voyage est de courte durée... je suis brutalement saisi sous les bras, mes pieds ne touchent pas terre, et quelques secondes après, je me trouve dans une cellule toute vitrée, et voyant une banquette, je m'allonge aussitôt.. A défaut de nourriture, je vais pouvoir dormir au chaud dans cette cellule.

Six heures du matin, c'est l'heure de la relève, et l'agitation qui règne dans ce commissariat, vient me tirer de mes rêves cauchemardesques.. Une heure, puis deux, viennent à passer... Je cogne de la main sur une épaisse vitre blindée, essayant d'attirer l'attention de ces messieurs. Au bout d'un long moment, on daigne enfin s'intéresser à moi - l'inspecteur qui me prend en charge, est complètement dépassé par mon problème !... et pour cause ! Je n'ai pas de papiers, pas d'argent, aucun justificatif de rien du tout, personne qui puisse venir certifier la véracité de mes dires... c'est une histoire complètement dingue !! L' officier de Police a pitié de moi, puisqu'il me fait aussitôt apporter du café chaud, du pain, et il y a même une petite plaquette de beurre.... Je me restaure comme il faut, et me voici un moment après, dans la rue, libre de mes mouvements, avec un seul impératif : me présenter lundi 8 heures précises, muni de mes papiers d'identité, au commissariat de Police, pour recevoir une contravention !!... Si tous les quidams se mettent à uriner sur les véhicules de Police, en toute impunité, où allons-nous !!

C'est Dimanche, et il est un peu plus de onze heures du matin - je crois que la journée ne va pas être gaie... comme pour me donner raison, la pluie se met à tomber. Je crois que nous allons encore avoir droit, à un été pourri ! Habituellement, c'est le dernier de mes soucis, mais dans ma situation actuelle, la météo, pour moi, est primordiale ! Je dois éviter de me mouiller, car je n'ai pour tout vêtement , qu'un tee-shirt sur la peau.... je reste à l'abri sous un store qui est le bienvenu. Je vois tout à coup le store remonter, et je me rends compte que mes pas m'ont conduit jusque " Chez René " ... En quelques secondes je suis trempé jusqu'aux os, et j'ai la très mauvaise idée de vouloir me mettre un instant à l'abri, dans ce maudit café !! A peine à l'intérieur, je me trouve nez à nez avec monsieur René, qui comme tous les ivrognes, a de la suite dans les idées, puisque je reçois une énorme claque , la seconde en quelques heures, et pile, au même endroit !! Ecoutez, je veux bien me laisser cogner par un flic, qui avait d'ailleurs une excellente raison pour le faire, mais René, non !! Je lui administre un coup de pied dans le bas ventre, et alors là, c'est la curée !! Toute sa smalah rapplique, et je suis roué de coups, ça tombe de tous les côtés, je saigne de partout, et je me sens comme la veille, catapulté sur la chaussée.

Je n'ai pas la force de me relever, je suis à bout, je ne comprends pas ce qu'il m'arrive... en quelques heures, passer du statut de fils de famille , à celui d'épave, il y a de quoi devenir fou !! Fou ? C'est quoi la folie ? le refus de la réalité ?? Alors moi je n'ai plus la force de refuser quoi que ce soit. Je me traîne lamentablement, arrive après un effort épuisant, à me mettre sur mes jambes, j'ai cent ans, j'ai mille ans... mieux vaut en finir. Je n'avais jamais eu autant de mal depuis que je me connais, à aller au bout de cette Avenue..... après un long calvaire, je suis enfin arrivé à destination : le pont du chemin de fer. Je regarde une dernière fois l'avenue, où j'aperçois tout au bout ce sinistre Bar-Tabac, et je devine, quelques centaines de mètres avant, le domicile, la maison où j'ai vu le jour... Toute mon enfance s'est déroulée dans cette avenue, et personne n'est là pour me tendre la main. Je vais vous dire : Vous êtes... vous êtes... Adieu !! Allez tous au diable !!

Roger, le lendemain, fut enterré dans le cimetière du quartier. Il a eu droit à la fosse commune - c'est un mort anonyme, car il n'avait sur lui aucun papier.... à l'exception d'un billet de loto.... Un certain billet de loto, qui a raflé la veille, les six bons numéros, fait que désormais, et pour l'éternité, Roger sera le jeune homme le plus riche du cimetière....

R.lopez





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