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LES CORPS TRANSFIGURES ( REPONSE )

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Qu'est ce que le réductionnisme ? A propos de la biologie il existe une très vieille polémique opposant les vitalistes aux matérialistes - réductionnistes, une vielle querelle où les uns prétendent qu'il y a une spécificité irréductible de la vie et les autres que le phénomène vie obéit aux même lois physico - chimique, mathématiques, que la matière inerte. La méthode réductionniste, analytique, d'abord expérimentée dans le domaine des choses inertes : l'astronomie, la physique s'étend aujourd'hui à la biologie.  
Après la deuxième guerre mondiale, des physiciens, catastrophés par le pouvoir destructeur de leurs découvertes qui s'était manifesté à Hiroshima et Nagasaki vont déserter la physique et occuper le champ de la biologie. Ils ont emmené avec eux la méthode analytique utilisée en physique, après avoir classé l'aspect destructeur de leurs découvertes dans les pertes et profits de la technique dévoyée par les politiques. Pourtant le lien théorie/technique, surtout au 20ème siècle. est inextricable, la technique fait avancer la connaissance qui fait à son tour avancer la technique. : E.Schrödinger , physicien reconverti à la biologie se posait comme question, en 1944 : " 
Comment peut on expliquer à l'aide de la physique et de la chimie les événements qui se produisent dans l'espace et dans le temps dans les limites spatiale d'un organisme vivant ? "
 
Déjà, bien avant les physiciens, les chimistes ont appliqué les mêmes méthodes, les mêmes lois de chimie inorganique à la biochimie. En fait cette conception analytique réductionniste existe depuis le début de la science moderne dans tous les domaines scientifiques, mais elle a tendance à s'accentuer. 
 
On ne peut pas faire, bien évidemment, que critiquer cette approche, car on est aussi émerveillé par ce cheminement des hommes vers la connaissance - même si on critique la qualité de celle ci. On a l'impression que la nature a choisi de se révéler, de se livrer à cette forme de l'intelligence humaine : la raison et son efficacité - même si celle ci est destructrice. Il est évident qu'il y a mille fois plus d'intelligence dans le déploiement de la science que dans bon nombre d'approches charlatanesques qui se disent holiste, vitaliste, ou spiritualiste. Il faudrait aussi faire des articles sur ce cheminement de la raison analytique car il est étonnant. Son coté positif autant que son aspect négatif font parti du problème qui se pose aujourd'hui aux humains : Que veut on ? Quel chemin emprunter pour cela? L'approche analytique a donc été, aussi, fructueuse ! Cependant c'est là où le bat blesse les vitalistes et tous les critiques des méthodes scientifique modernes qui reprochent à cette conception de la vie de comparer celle ci à un bricolage, à un vaste Légo dont les parties seraient totalement interchangeables d'un individu à l'autre, d'une espèce à l'autre, d'un règne à l'autre et même entre " matière vivante " et matière inerte - dont les divers objets techniques élaborés par l'homme. Du fait de ce statut de parties échangeables données aux divers éléments du corps, on peut leur appliquer les traitements habituellement réservés aux marchandises : extraction, production en grande quantité, stockage, conservation, réparation, échange standard, substitution, brevets, exclusivité, marchandage. 
 
L'homme est devenu matière première , face aux biotechnologies il est à la fois moyen et fin. Face à la biologie moderne il est deux critiques : scientifique - contre le tout génétique, contre l'agriculture intensive, contre l'impossible gestion du nucléaire etc…mais aussi critique morale, adressée même par des libéraux, même par des généticiens, ainsi le Professeur J.F.Mattei a recueilli 12000 signatures contre les brevets afin " que l'homme ne soit jamais réduit à l'état de moyen quelle que soit la fin ". 
 
Les pays Anglo Saxons sont semble t- il en avance dans les biotechnologies - en particulier dans la prise de brevets, les expérimentations sur l'embryon et l'acceptation de ces technologies par la société. Pourquoi ? la réponse est l'emprise de la morale utilitariste dans ces pays alors qu'elle a toujours été rejetée, méprisée en Europe.
 
L'utilitarisme, philosophie morale et politique, est né il y a deux siècles en Angleterre.
 
A la fin du siècle des lumières, la société est fondée sur la raison, toute chose n'obéit plus qu'à des lois naturelles et impersonnelles. Les économistes Anglais, au 19ème siècle.dans le sillage d'Adam Smith, établissent que la raison réside dans l'obéissance à la loi impersonnelle du marché. L'état doit s'occuper du plus grand bonheur du plus grand nombre et chaque individu ne doit chercher que son propre bonheur. Les plaisirs sont pesés, comptabilisés, comparés aux peines encourues, pour atteindre le bonheur, satisfaire l'intérêt.
 
Le bonheur et l'intérêt sont le seul but de cet individu à la fois hédoniste et rationnel, la fin à laquelle doivent se soumettre les moyens - même s'ils sont ce que d'autres appellent l'instrumentalisation du corps humain. 
 
A cette morale et philosophie politique, dans des pays comme la France ou l'Allemagne l'éthique Kantienne fut largement préférée. 
 
Ces deux pôles : utilitarisme d'une part et morale Kantienne couplée avec les droits de l'homme d'autre part donnent forme aux deux attitudes actuelles face à la science comme ce fut le cas au sein du siècle des lumières . 
 
La loi morale Kantienne entend aussi reposer sur une base rationnelle, mais pour une raison différente de celle de l'économie et de l'état. 
 
La raison morale de Kant définit la loi morale par son irréductibilité à toute considération d'utilité et de bonheur, de circonstances, d'occasions ( même celles que font naître le progrès), par son universalité - donc sa rationalité. La fin ne justifie jamais les moyens. 
 
De même la spécificité et la grandeur des droits de l'homme est de refuser que la raison d'état, que l'intérêt général ou la loi du plus grand bonheur du plus grand nombre puissent primer sur les droits inaliénable des individus . 
 
Quelle raison choisir, celle des calculs des plaisirs et du principe d'économie libérale, ou celle qui se revendique de principes universels et de la liberté de l'homme, les deux ont elles le même lien avec la raison scientifique et scientifique ? 

A propos de technique j'ai trouvé très intéressante l'approche du philosophe Michel Tibon-Cornillot.  
Les premiers outils sont apparu il y a 4 millions d'années, à plusieurs millions d'années de l'apparition du Sapiens, de l'homme moderne, de la raison, du gros cerveau, de la parole… Ces premiers outils et leur perfectionnement ont donc participé au processus d'hominisation, ils l'ont même anticipé. Homme et technique ont toujours marché d'un même pas.
 
Est ce une raison pour justifier tous les usages de toutes les techniques, pour avoir liberté de faire, de manipuler? 
 
Michel Tibon-Cornillot.. éclaire ce cheminement, ce progrès des techniques en notant qu'elles ont toujours permis de donner une maîtrise à l'homme que la condition physique de l'humain ne lui permettait pas. Les techniques ont été des substituts d'ailes, de griffes, de force, de fourrure tout en laissant l'homme aussi indéterminé, immature, non spécialisé, inadapté physiquement. ...Donc disponible, non fixé, près à faire face à toutes les situations, toutes les évolutions.
 
Aujourd'hui la technique peut et les hommes - scientifiques en tête - veulent se transformer eux même physiquement. 
 
Avant, l'homme vivait dans un monde sur qui il imposait sa maîtrise, qu'il rendait artificiel, humain. Aujourd'hui et pour la première fois c'est à l'évolution de toute la vie et à lui même qu' il va donner une fin, une utilité. 
 
On est donc à la veille d'une première révolution de la technique depuis des millions d'années, depuis que l'homme est homme et longtemps avant. 
 
Le résultat est inconnu si ce n'est improbable, ça vaut donc le coup de prendre quelques temps pour réfléchir. 
 
Interventionnistes ou leurs opposants pourront difficilement cohabiter car l'intervention sur les gènes de la flore et de la faune et de l'homme sera totale et irréversible. 
 
L'homme veut mettre sa marque au cœur de la vie, de toute vie, est ce bien urgent ? Est ce bien nécessaire, bien utile ? Est ce que ça ne va pas être uniformisant donc appauvrissant, l'homme ne va t il pas passer d'immature et en perpétuel devenir au stade de vieux spécialiste incapable d'évolution . 
 
Rien ne peut être affirmer mais réfléchissons avant de faire le grand saut. La technique a jusqu'alors permis à l'homme de ne pas se fixer dans une branche - cul de sac de l'évolution - que gagnerons nous à annuler ce potentiel ? 

  saül Démos





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