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   | :Hésiode poète grec

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Nous allons au fil des numéros du CHICHOIS, et nous espérons en avoir une grosse pelote, dérouler une petite histoire des " opinions " sur les progrès technologiques. Qu 'a pu dire, argumenter, ressentir le quidam dont on voulait - au cours des sciecles - améliorer l'environnement. Quels ont été aussi ses peurs et ses préjugés. On entendra par " quidam " tous les non-scientifiques qu'ils soient philosophes, poètes paysans ou ouvriers ou même scientifiques - puisque certains ont eu un regard extérieur.  
Dans la polémique actuelle sur les biotechnologies - en particulier les manipulations Génétiques - il n'est pas un seul ouvrage destiné au public et écrit par des scientifiques enthousiastes , sans peur et un peu susceptibles puisqu'ils ne supportent aucune critique ni aucun retard dans l'application de leur théories sur le fonctionnement de notre planète( il y en a beaucoup depuis F.Jacob jusqu'à D. Cohen ), aucun donc, de ces scientifiques ne résiste à brandir dans leurs écrits le mythe de Prométhée et de Pandore face au doute qui peut chatouiller certains, à la prudence que d'autres préconisent. Ils veulent ainsi prouver que l'homme a toujours eu peur de son coté divin, peur de défier les Dieux dans la création du monde, d'assumer leur pouvoir de domination du monde 

Donc parlons d'Hésiode poète grec qui chanta l'épopée des Dieux, leurs guerres contre les Titans, leurs forces et leurs ruses. Nous y trouveront l'épisode de la punition de Prométhée par Zeus. Hésiode à 2800 ans de nous dans un passé lointain, parle de ce mythe dans ses deux plus célèbres écrits, " Théogonie " et " les travaux et les jours ". La Théogonie est l'histoire des Dieux contée par les muses à Hésiode . C'est une œuvre poétique et non un livre religieux comme les évangiles .C'est le récit de l'épopée de tous les Dieux de la Grèce, de ceux qui habitent l'Olympe au VIII siècle avant J.C., mais aussi l'histoire des Dieux plus anciens et même des forces de la nature présentes au début du monde ( " Abîme ", " Nuit ", " Lumière du jour "..) .  
Hésiode nous conte la victoire de Zeus, celui qui organise définitivement le monde. Zeus le souverain des Dieux et des hommes.

Les Dieux les plus anciens sont fils de " Terre " et de " Ciel étoilé ". Ce sont les Titans, les Cyclopes et les Cent bras , puis vinrent les Dieux bienfaisants sur lesquels régnera Zeus.. "Terre" fut la première à émerger "d'Abîme", elle conçue et enfanta seule, d'abord "Ciel.... un être égal à elle capable de la couvrir toute entière...., puis les montagnes …et aussi la mer inféconde aux furieux gonflements" Puis elle enfanta " des embrasements de Ciel " les Titans et autres féroces créatures. Les premiers rejetons de Ciel et de Terre sont des monstres, ils représentent la force vitale avant qu'elle ne soit contenue, domptée. Ils ont des formes différentes, exprimant la confusion . Ils ont été engendrés avant que n'apparaisse le premier principe d'ordre : la fixité des espèces,

Prométhée est fils de Japet, un Titan. Ciel étoilé - par haine - cache tous ses enfants à l'intérieur de Terre pour qu'ils ne naissent pas à la lumière. Cependant l'un d'eux - Chronos - à l'instigation de Terre va castrer Ciel et lancer dans la mer les bourses et le membre divin duquel sortit " une blanche écume… De cette écume, une fille se forma… Aphrodite " Ciel étoilé prit à parti ses fils, les Titans, et pour leur horrible forfait leur promis que l'avenir " en saurait tirer vengeance ". . 

Chronos grandit et succéda à "ciel". 
Il fût prévenu par Ciel étoilé et Terre " que son destin était de succomber un jour sous son propre fils " Il chercha à échapper à la prédiction et à son tour voulu empêcher ses enfants de vivre en les avalant dès leur naissance, l'un d'eux , par la ruse, déjoua le plan de Chronos - ce fut Zeus. Zeus non plus n'aimât pas les Titans, il se battit longtemps avec eux et dut s'allier, après dix ans de combat, avec les cents bras pour vaincre. Surtout il n'aimait pas Prométhée qui avait voulu le tromper, en lui donnant la mauvaise part lors du partage d'un animal sacrifié aux Dieux par les hommes. En punition Prométhée fut attaché à une colonne, un aigle lui dévorant, éternellement, le foie. Il fut délivré par un autre Dieu et continua à agacer Zeus.

L'épisode avec Pandore est plus détaillé dans les " Travaux et les jours " Prométhée avait donc détourné un sacrifice fait aux Dieux, Zeus punit aussi les hommes en leur " cachant " leur vie, c'est à dire en les obligeant à travailler pour vivre, mais Prométhée, une fois libéré, vola le feu jusque là donné par Zeus, et en fit don aux hommes. Zeus ne put leur reprendre le feu , mais créa pour les hommes un mal, le plus terrible, il créa, avec de la terre et un peu d'eau et avec l'aide des autres Dieux et Déesse, une belle et désirable femme :Pandore, celle dont naquit " l'engeance maudite des femmes "qu'il envoya aux hommes. 
Pandore tenait une jarre dans laquelle zeus avait mis tous les maux qui peuvent accabler les hommes, elle ouvrit le couvercle et les dispersa " par le monde et prépara aux hommes de tristes soucis " , seul l'Espoir ne voulu pas sortir, aussi l'illusion, l'attente des jours meilleurs, empoisonna aussi la vie des hommes. 

Un mot sur l'ouvrage " Les travaux et les jours ", c'est un livre de conseils pratiques (sur l'agriculture), moraux ( sur la justice, tous même les rois " qui, par des sentences torses oppriment l'homme par l'homme " encourent la colère des Dieux), et religieux ( on n'échappe pas aux jugements des Dieux). 

Aujourd'hui que pouvons nous tirer ce mythe si souvent cité comme argument pour dénoncer nos peurs et nos préjugés? Les Grecs avaient ils les mêmes questions que nous à propos de la technique ? Il est certain qu'ils lui préférait la science pure. Le mythe de Prométhée oppose les Dieux entre eux, les bons et les mauvais. Les Dieux Titans représentent les forces vitales brutes , proches du chaos, sur lesquelles Zeus va mettre son ordre. Les Titans sont rusés, Zeus lui même reconnaît leur intelligence . Ils ont été vaincu dans la guerre qui les opposa à Zeus et si on les libèrent, réapparaîtront la confusion destructrice, le mélange des générations, la parthénogenèse ( Terre enfanta, seule, Ciel ), la violence ; les hommes seront ils de taille à lutter contre des Dieux féroces et destructeurs s'ils viennent à se déchaîner? 
Aujourd'hui aussi on craint le déferlement de forces incontrôlables déclenchées par le nucléaire, par les manipulations génétiques, la pollution qui transforme physiquement notre monde. Suffit il de dire que c'est une vieille peur de l'humanité pour évacuer tout argument invitant à la prudence ? Peut être. L'homme est il un Dieu, un titan ou un artiste créateur de Monde réel.

On retrouve dans d'autres religions ces interdits des mélanges qui entraîneraient une confusion chaotique et ferait régresser le processus d'hominisation. Dans l'ancien testament, au sortir de l'arche les différentes espèces ont du prêter serment de ne pas copuler entre elles.. Les chimères sont un vieux rêve et une lointaine hantise de l'humanité. Peut on , doit on changer l'ordre du monde ? Pour que l'homme en soit plus que jamais le maître et surtout le créateur . Les scientifiques se veulent , explicitement, aujourd'hui artistes créant des mondes. 
Tous les mythes créateurs chantent une mise en ordre, une séparation, une hiérarchisation. Le chaos, la confrontation avec la Nature est inquiétant pour beaucoup . Est ce parce que ce souci est connu depuis toujours qu'on ne peut qu'en sourire. 
Les chercheurs seraient ils de vieux Baba qui ont placarder dans leur labos : " Il est interdit d'interdire " et "Tout, tout de suite " ? Ou sont ils les héros des temps modernes, ceux qui connaissent le chemin , et ont l'audace de s'y engager? Le monde est il un ordre dont nous sommes encore partiellement ignorant, ou le code génétique est il la clef du monde ? L'avons nous rendu totalement transparent ? L'ordre existe il dans la structure des systèmes biologique et physique, ou dans le symbolique - la culture - ? ou n'y a t il qu'un bricolage aléatoire que l'on pourrait modifier, aplatir, mettre sens dessus dessous sans craindre jamais de conséquences néfastes,. 

Le mythe de Prométhée et de Pandore n'est il pas qu'un problème de Dieux à régler entre eux ? N'allons nous pas, nous les humains simplement changer de maître ? Remplacer la religion par la science ? 
Ne s'agit-il que de peurs et de préjugés lorsqu'il est proposé de ne pas trop se précipiter? Et de réfléchir entre hommes, en court-circuitant et Zeus et les Titans.

Après tout, cela nous concerne directement , tant historiquement que géographiquement. On parle encore de nos jours pour des raisons économiques ou culturelles - de l'ensemble des pays du bassin méditerranéen. Pour ce qui est du temps, rendons nous dans le berceau de la philosophie et de la physique , six ou sept siècles avant J.C. sur la cote Ionienne. ( au milieu de la cote d'Asie mineure).

La Grèce antique était beaucoup plus importante, par le rayonnement de sa civilisation et par son étendue territoriale ( Espagne, sud de la France, Italie, Grèce, asie mineure, Afrique du nord) que la Grèce actuelle.  
Ce sont les villes Grecques d' Asie mineure - l'actuelle Turquie - qui ont donné le plus grand contingent de savants et philosophes, ceux qui seront les ancêtres directs de notre civilisation occidentale, positiviste, scientifique et technicienne - même si la Grèce a plutôt méprisé la technique, la distinguant nettement de la science.  
La philosophie, elle aussi, ne se réclame que de la Grèce, son unique source !  
L'Asie mineur et les villes entourant la mer Egée, ont vu éclore les " physiologues " qui s'occupaient de philosophie naturelle, c'est à dire de science et de philosophie. Les philosophes vivaient plutôt à Athènes ( Platon, Aristote, cyniques, stoïciens, sophistes, bien que ces derniers aient été d'incessants voyageurs.) 
L'Italie du sud était le repère des pythagoriciens.  
Le reste de l'Europe, plus au nord n'était alors peuplé que de Barbares à la vie infiniment plus frustre, mais nos ancêtres par le sang..  
Toute cette région du bassin Méditerranéen, à cheval sur trois continents - Afrique, Asie, Europe - donnera naissance à la pensée rationnelle :le Logos, différente de la pensée mythique d'Homere et d'Hésiode. Ce logos - la raison - dont la naissance a longtemps été présentée comme un miracle, une apparition " ex nihilo ", un événement unique, advenu seulement une fois et en Grèce n'a donc pas de prédécesseurs, ni de rivales dignes de ce nom : La " pensée vraie " ne pouvant avoir d'autre origine qu'elle même. 

Mais en y regardant de plus près, historiens et philosophes modernes ont commencé à remettre en question cette idée de discontinuité radicale entre mythe et raison. Ils ont suggéré que la première philosophie Grecque( qui s'occupaient aussi de physique) aurait eu des ancêtres, qui ne seraient autres, bien sur, que les mythes et les rituels.

La physique Ionienne n'aurait fait autre chose - mais ce petit pas de coté aura des conséquences très spécifiques et importantes -que transposer dans une forme laïcisée et sur le plan d'une pensée abstraite le système de représentation que la religion a élaboré. Les cosmologies ( ce que nous appelons l'astronomie) des premiers physiciens prolongerait directement les mythes cosmogoniques (mythe de création du monde). Les deux, cosmologie et cosmogonie, veulent apporter une réponse au même type de question : Comment un monde ordonné a t il pu émerger du chaos ? Quelle est l'origine de toute chose ?

Les philosophes que l'on appellera les présocratiques (ils ont précédé Socrate, lequel vécu au IV sc. Av J.C) cherchaient de quoi était fait le monde, de quel élément primordial ( feu, eau., " illimité ", vent…) il provenait. Ces " éléments - principe " ont à voir avec les puissances actives animées et impérissables du mythe - que nous avons rencontré dans le précédent numéro : " Abîme ", " Typhon ", " Terre " - mais ce ne sera plus, pour ces philosophes, des Dieux individualisés, ils vont devenir des éléments matériels puis des concepts abstraits sur lesquels la spéculation philosophique pourra s'en donner à cœur joie, formant à partir d'eux des constructions logiques qui s'opposent les unes aux autres.- à travers les " disputes " des différentes écoles de philosophes. Et c'est là l'extraordinaire nouveauté de la philosophie naturelle des Grecs anciens, leur audace créatrice. Déjà dans un passage du poème d'Hésiode le récit de la création de l'ordre se présente dépouillé de toute imagerie mythique et les noms des protagonistes révèlent le caractère naturel du processus qui aboutit à l'organisation du cosmos :Abîme, Lumière du jour, Ciel étoilé, Terre etc. Dans le mythe ils sont tout d'abord, engendrés par séparation de ce qui était uni. Puis arrive Eros, le principe qui unit les contraires. Une même structure de pensée sert de modèle à toute la physique ionienne et au mythe. La logique du récit mythique révèle successivement : 1/ l'Indistinction, le chaos initial où rien n'apparaît 2/ De là émergent les paires d'opposés 3/ lesquels opposés s'unissent et interagissent chacun l'emportant tour à tour sur les autres selon un cycle indéfiniment recommencé décrivant le monde naturel. 

Mais en quoi la philosophie cesse d'être le mythe ?. Dans la Théogonie d'Hésiode, on a vu le combat de Zeus contre Typhon pour le titre de roi des Dieux. La logique du mythe joue sur l'ambiguïté : enfantement divin/ fait naturel, de plus Nature et société sont alors confondus dans la personne du roi. Cette nature lorsqu'elle sera coupée de son arrière plan mythique, par les philosophes qui annoncent la naissance de la raison, devient elle même problème et objet d'une discussion rationnelle. Les forces telluriques sont séparés de l'image du Roi- Dieu, elles cessent d'être intelligible dans le langage du mythe et se présentent alors comme des questions sur lesquels la discussion est ouverte. Le problème de la génésis - la génération successive ou concomitante des Dieux représentant les forces naturelles - le problème du devenir, du changement, de la " corruption " comme l'appelle Aristote, devra être contourné, il sera la bête noire des philosophes. Le moyen du détour sera de chercher une méthode qui mette en valeur exclusive le stable, le permanent, l'identique, par delà le changement. Les philosophes-physiciens feront appel, de plus en plus pour rendre raison des changements dans le cosmos aux modèles issus de l'ingéniosité des hommes sans référence a la vie des animaux ou des plantes. Ils verront une structure permanente de la matière, là où d'autres voyaient - et verront - des changements qu'engendrent le dynamisme vital. Les éléments n'auront plus entre eux que des différences quantitatives au lieu de lutte entre contraires qualitatifs. Le monde se vide peu à peu du divin .Mais une autre question se profile qui fera souvent appelle par la suite, à une force divine plus ou moins déguisée sous différents noms : l'être, l'Intellect ; le Premier Moteur … Comment, donc, régler le problème du mouvement, du devenir, : le divin se concentrera hors de la nature, en opposition avec elle, l'impulsant, la mettant en mouvement, et la réglant du dehors.

La science n'a, en ces temps éloignés de plus de deux millénaires et demi de nous, rien de commun avec notre science moderne : elle ne fait pas, ou très peu, appel à l'expérimentation ni même à l'observation exacte de la nature - bien que l'astronomie débutante fasse preuve d'observation.. Elle est aussi chargée de se regarder penser : qu'est ce que la pensée, quelles sont ses limites ? qu'est la perception ? peut on se fier aux sens ? quelle est la force du discours logique ? etc… 
Ce sera pourtant le début des mathématiques : Thales vécut à la charnière des VII et VIème siècle av J.C ,à Milet sur la cote Ionienne ; il donna les premiers éléments d'algèbre et de géométrie ( rapport des angles d'un triangle)- qu'il rapporta, au moins en partie d'Egypte, de Babylone. Il permit la première mesure exacte du temps grâce au gnomon, ancêtre des cadrans solaire. Il faudra attendre trois siècles de plus pour qu'Euclide pose les bases de la géométrie " Euclidienne " qui est encore la notre, et qu' Archimède, lui aussi géomètre de génie, formula les premières lois de l'hydrostatique. Cette histoire pourrait se raconter de plusieurs autres façons.. Suite au prochain numéro .

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