Ville de sète. tourisme, infos, shoppingSete Languedoc Sud France  Tourisme infos shopping Internet  depuis 1997

SETE et BASSIN DE THAU

TOURISME & CULTURE

 

 

ACCUEIL  DU SITE    - - ARCHIVES  DU CHICHOIS


    



   |

---


  
 

^




 

1


 


Découvertes
 .    

Isabelle. 28 ans. 2nd capitaine

Qui ne s'est pas promené sur le môle un dimanche après-midi ?

Les voiliers font rêver, les barques sont colorées, les chalutiers sont " endormis " prêts à attaquer la prochaine " marée ".

Mais que se passe-t-il derrière les lourdes grilles du port de commerce ? Que se passe-t-il sur ces gros bateaux que l'on aperçoit du phare ?

A bord, ce n'est pas dimanche, c'est un jour comme les autres pour la vingtaine de membres d'équipage de nationalités diverses. Le travail a commencé ce matin à 3 heures quand le bateau s'est présenté à la station de pilotage, à 1 mille des jetés du port. Le lieutenant de quart a réveillé tout l'équipage : " aux postes de manœuvre ! ". Tout le monde s'affère, y compris ceux qui ont terminé leur quart à minuit. Aujourd'hui ce sont les plus malchanceux, ils n'auront dormi que 2h30 cette nuit…..

Le pilote monte à bord et une heure plus tard la dernière amarre est à terre. Le bateau est au poste 5, prêt à attaquer la dure journée qui s'annonce.

En escale, pas une minute à perdre. Les mécaniciens stoppent les moteurs de propulsion et en profitent pour faire des réparations ou de la maintenance sur ce qui est urgent ou stoppé. Ce matin, il faut refaire la segmentation du piston n°5 du moteur principal.Tous les mécaniciens doivent être présents car le temps est compté et les pièces sont lourdes et difficiles à manipuler.

Côté " pont ", tout le monde est en alerte également pour que le bateau soit prêt à charger le plus rapidement possible. Les grues sont mises au poste de travail, les panneaux de cale sont ouverts et ouf ! Pas d'avarie aujourd'hui, les tuyaux hydrauliques ont tenu le coup. Un tuyau qui rend l'âme, c'est courant, il faut arrêter les centrales hydrauliques immédiatement, faire face à la propagation de l'huile sur le pont et surtout ne pas faire tomber une seule goutte d'huile dans le port ! Pas facile quand elle est projetée à 350 bars… la pollution peut même faire risquer la prison au commandant…

Le bateau est prêt, il n'y a plus qu'à attendre l'arrivée des dockers. Enfin 5 minutes pour aller petit-déjeuner. N'oublions pas que c'est dimanche et que ce matin, le cuistot a quand même fait ses croissants malgré la manœuvre !

Les quarts s'organisent : sur le pont, les deux lieutenants se partagent le service en deux, chacun doit veiller 12 heures dans la journée pour surveiller les opérations commerciales, rendre compte de tout problème au 2nd capitaine qui lui, les supervise de manière générale. Toutes les séquences de chargement, les opérations de ballastage/déballastage ont été étudiées en mer et présentées au chef des dockers à l'accostage du bateau. Les lieutenants de quarts sont assistés d'un matelot qui lui, fait ses 2 x 4 heures de quart comme en mer. Les 24 heures journalières sont donc divisées en 3 matelots. Ceux qui ne sont pas de quart ont la chance de pouvoir sortir quelques heures, dans un port comme Sète c'est l'idéal car le centre ville est à 10 minutes du bord. A Rotterdam par exemple, la ville se trouve à 80 km, les sorties sont donc immédiatement reportées au port suivant.

Il est midi, le piston est en cours de remontage et le bateau a embarqué la moitié de son chargement. Le rituel de l'apéro du dimanche midi va commencer. A la machine, c'est " la messe". Au pont, ça se passe à tour de rôle dans une cabine.

Le repas est amélioré, le cuistot qu'il soit philippin, roumain ou indien a tant bien que mal appris quelques recettes françaises pour les 4 french officer qui ne peuvent pas se passer de leur magret de canard sauce au vin ou du steak frite dominical. Mais n'oublions surtout pas le vin fin offert généreusement par la compagnie…

Arrive maintenant l'heure de la sieste…vous voulez rire ? Et le chargement ? Et le piston ? Ca ne se fait pas tout seul ça ! Le pilote est commandé pour 18h, il faut que le bateau soit paré à 17h30, ordre du commandant ! "

Un petit coup de fil, un seul petit coup de fil histoire d'entendre sa voix, pouvoir me rassurer que tout se passe bien à terre pendant mon absence, savoir si le petit dernier a fait ses premiers pas…encore deux mois de bord, finalement ce n'est rien par rapport aux indiens et aux roumains qui ont des contrats de 7 mois, ou aux philippins qui eux, restent 10 mois pleins à bord... " Il est 17h00, l'après-midi s'est passée très vite, le dernier colis a été embarqué, plus qu'une demi-heure pour préparer le départ, c'est râpé pour le coup de fil, de toute façon, je serais tombé sur le répondeur, qui va s'amuser à rester chez soi un dimanche après-midi alors que le soleil brille ?

Le pilote monte à bord, la machine fait ses essais, le moteur est lancé et la routine va de nouveau s'installer pour trois semaines de traversée. Prochaine escale : Cape Town. Les plus optimistes parlent déjà des vertus du vin sud-africain, les plus romantiques cherchent de la doc sur le téléphérique de la montagne de la table et les plus grincheux espèrent ne pas avoir une houle trop grosse à l'arrivée des côtes sud-africaines. Il n'y a que l'élève qui vient d'embarquer il y a quelques heures, dont les yeux brillent, qui se demande vers quel horizon il part, quelles merveilles il va rencontrer dans ces pays lointains pleins de promesses, de mystères et de choses inconnues. Il regarde son appareil photo qu'on lui a offert avant de partir et il se dit que c'est vraiment le plus beau métier du monde ! A quand la première tempête ?

Fini le rêve, la manœuvre commence, il faut être sérieux maintenant. Une fois le pilote débarqué, les aussières bien amarrées au poste de mer, les quarts vont se succéder sans interruption et de façon monotone. Seuls les mécaniciens travaillent à la journée car le bateau est automatisé. Les officiers mécaniciens organisent un roulement pour prendre le report des alarmes la nuit dans leur cabine. Les 2 lieutenants et le 2nd capitaine se partagent, eux, les quarts à la passerelle. Quant aux matelots, ils travaillent 4 heures de jour pour effectuer la maintenance du pont, ce qui se résume essentiellement à piquer la rouille et à peindre quand le temps le permet, et 4 heures la nuit pour doubler la veille visuelle du chef de quart.

" Et le coup de fil, au fait ? Je peux toujours le faire du bord, mais bon, c'est 25f la minute au mieux, et encore, il faut choisir la bonne station ! alors tant pis, ce sera pour plus tard… "

Isabelle. 28 ans. 2nd capitaine. Cet élève c'était moi il y a dix ans, mais j'ai toujours les yeux qui brillent et je navigue encore avec plaisir.




| OPIS - création sites internet - Hébergement -nom domaine - vente en ligne   
commerces et vente en ligne forum de discussion la région languedoc art et spectacles journal d'information ville de sete