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LES PARADOXES DE LA MODERNITE 

Modernité entendue comme le niveau de technicité que nous pratiquons aujourd'hui en occident allié au système économique libéral.  
Comment se fait il que l'humanité ayant inventé et mis en pratique - dans les pays développés - des techniques agricoles qui ont multiplié par 2000 (rapport entre l'agriculture la plus performante et la moins performante au niveau mondial) la productivité en à peine deux siècles, et permis la libre entreprise - théoriquement - pour tous, ainsi que l'aide alimentaire, les prêts aux pays pauvres, se trouve au bord de la crise mondiale pour ne pas dire qu'elle s'y enfonce déjà.  
Comment se fait il que 180 chefs d'état et de gouvernement réunis à Rome en 1996 pour tenter de faire reculer pauvreté et famine, doivent - cinq ans après, reconnaître leur impuissance à tenir leurs engagements ? 

Trois solutions à ces questions :  
                - Soit le monde n'est - à part dans les pays développés - peuplé que d'imbéciles primitifs et trop nombreux.. ..Mais la crise est mondiale - chômage, plan sociaux, faillite, exclusion, chute des cours boursiers, disparition obligée de la petite et moyenne paysannerie, pollution, touchent de plus en plus les pays développés.  
                - Soit il faut attendre encore d'autres perfectionnements techniques que mettront en route les scientifiques des pays les plus avancés, tels les OGM.  
                - Soit on peut se demander s'il n'y a pas lieu, en toute logique, de changer d'analyse et de moyens d'action. 

Sommes nous condamnés à rester scotchés, à l'heure des infos, devant nos postes de TV , médusés par un sentiment de peur, de fatalisme ; et de pitié mêlés, à l'annonce des guerres, des famines et des plans sociaux ?  
Ne peut il exister autre chose que la charité et les lois du marché pour faire vivre l'humanité ? N'allons nous pas aussi pâtir de cette politique et de la crise mondiale qui est déjà là ?  
A l'époque où l'on se targue de changer les lois de la nature, ne peut on modifier celle d'une économie qui se montre si impuissante à faire reculer la misère ici et ailleurs bien qu'elle se vante d'être " mondialisée "?  
Une foule de questions s'imposent : Quel est le lien entre la crise des pays développés, celle des pays en voie de développement - les pays émergeants, bons élèves du FMI et de l'OMC - et celle des pays définitivement - semble t il - les plus pauvres ?

Ces problèmes sont certainement complexes et les solutions seront difficiles à appliquer.  
Pour tenter d'apporter des réponses à ces questions on a trouvé de bonnes pistes dans un livre de 1997, réédité et réactualisé en avril 2002 au Seuil, de M.Mazoyer - Professeur d'agriculture comparée et de développement agricole à l'institut national agronomique de Paris - et L.Roudart - maître de conférence d'économie politique agricole au même Institut : Histoire des agricultures du monde, du néolithique à la crise contemporaine.  
Quelques faits :  
      " Au cours des trois dernières décennies le nombre des personnes sous alimentées dans le monde n'a guerre baissé "  
      " Près des trois quart des individus sous alimentés sont des ruraux "  
      " La plupart des gens qui ont faim dans le monde….sont des paysans producteurs et vendeurs de produits agricoles. Et leur nombre élevé n'est pas un simple héritage du passé, mais le résultat d'un processus très actuel, d'appauvrissement extrême de centaines de millions de paysans démunis". 
     " Pour une population agricole active mondiale de 1 milliard 300 millions de personnes, soit la moitié de la population active totale du monde, on ne compte que 28 millions de tracteurs, soit 2% du nombre d'actifs agricoles ! …Les 2/3 d'entre eux a bénéficié de la révolution verte…La moitié d'entre eux dispose de la traction animale…Le tiers de la paysannerie du monde, soit plus de 400 millions d'actifs ( ce qui correspond à plus d'un milliard de personnes à nourrir ) travaillent non seulement avec un outillage strictement manuel mais encore sans engrais, ni aliments du bétail, ni produits de traitement, ni variété de plantes ou race d'animaux sélectionnés. "  
Ce tiers des paysans les plus pauvres ont les terres les moins bonnes et la plupart de ces terres ont une surface trop petite, leur productivité très faible par rapport à celle des pays développés ne leur permet pas d'être concurrentiels avec les résultats en terme de productivité et donc de prix des paysans les plus modernes. Pour ces paysans les plus pauvres la révolution agricole contemporaine a augmenté les inégalités en diminuant les prix de vente des produits agricoles et donc leurs revenus. Ils ne peuvent plus investir ni même renouveler leur matériel et sont condamnés à l'exode vers les bidonvilles et les salaires minimum qui feront le régal des firmes internationales délocalisant la production vers ces pays où la main d'œuvre est infiniment moins chère. 

Comment sont fixés les cours mondiaux et qui peut s'aligner ? 
Les seuls qui peuvent abaisser leurs coût de production aussi bas sont les grands latifundistes des pays en voie de développement, ceux qui allient une très grande productivité ( mécanisation + grande quantité d'intrants chimiques) à d'immenses surfaces ( plusieurs centaines ou milliers d'hectares) et utilisent une main d'œuvre très misérable qui se contente de salaire plusieurs centaines de fois inférieurs à ceux pratiqués dans nos pays.  
Quelles sont les conséquences de ces prix très bas des produits agricoles ?  
Les paysans des pays développés eux même ne peuvent pratiquer ces prix de vente, aussi tous les états des pays subventionnent largement les producteurs pour qu'ils restent concurrentiels ! 
Dans les pays plus pauvres ils n'y a pas de subvention, la productivité est faible ( mécanisation presque inexistante), les surfaces insuffisantes (même pour l'auto consommation, souvent coexistante avec de grandes propriétés dont la production est destinée à l'exportation), les paysans ne peuvent investir pour se moderniser, ni même renouveler leur maigre matériel, ils sont concurrencés par les céréales d'importation, laissent leurs terres pour les bidonvilles et les programmes d'aide alimentaire internationaux, vont grossir les cohortes de misérables, qui pour survivre, s'enrôleront dans n'importe quelle armée ou mafia, ou travailleront pour des firmes internationales avec des salaires dérisoires, surtout ils abandonnent des terres cultivable - alors que la population s'accroît - et n'assurent plus les cultures vivrières fraîches peu importables qui assurent l'équilibre alimentaire en vitamines et minéraux - ouvrant encore plus la porte aux multinationales de l'agro alimentaire qui proposent, avec des trémolos dans la voix, leur riz OGM vitaminés pour nourrir les foules des bidonvilles. Il leur reste encore la reconversion vers les cultures illicites.  
Quelles solutions seraient envisageables ? Tous les pays développés ont, à un moment ou un autre de leur développement agricole, protégé leur marché intérieur par des barrières douanières, mais aujourd'hui ces pays ont surtout besoin de débouchés alors l'OMC oblige tous les pays à ouvrir leurs marchés intérieurs à la libre circulation des marchandises. Ne serait ce pas la première mesure à prendre - laisser les pays en développement protéger leur agriculture, comme nous l'avons nous même longtemps pratiqué - pour que les agriculteurs puissent vivre dignement de leur travail ? 
En 2050 la population mondiale atteindra 9 ou 10 milliards d'êtres humains.Plusieurs solutions sont envisagées. 
       - Augmenter encore la productivité - au delà du niveau actuel - de l'agriculture moderne. Cela veut dire : risquer encore plus le désastre écologique, sans augmentation de la production totale mais en diminuant la main d'œuvre, donc accroissement du chômage s'il n'y a pas non plus de travail peu qualifié dans la production industrielle.  
      - Augmenter la production par la modernisation de l'agriculture des pays qui n'ont pas encore atteint un optimum, ce qui est possible dans quelques pays 
      - Attendre que les OGM répondent aux espoirs de leurs défenseurs et prouvent leur innocuité, mais les semences seront toujours trop chers pour les paysans du tiers monde, et les conditions pour ce genre de culture sont loin d'être remplies dans ces pays.  Aujourd'hui les OGM ne servent qu'à faire gagner un peu de temps aux agriculteurs très mécanisés, qui doivent sans cesse s'agrandir pour seulement maintenir un revenu stable.  
     -Reste à mettre en culture toutes les terres avec des techniques adaptées à ces écosystèmes difficiles et permettre aux paysans qui cultivent ces terres d'en vivre, c'est à dire d'augmenter les prix des denrées agricoles. Mesures qui ne peuvent être prises que très progressivement. 
Les auteurs de l'ouvrage cité montrent que les agricultures non modernes ne sont immobiles et dénuées d'inventivité, encore faut il les laisser vivre. - Il est évident que la nourriture qui résulterait de synthèse industrielle est encore une lointaine utopie.  
Qu'aurions nous à gagner à soutenir l'autosuffisance du tiers monde ? Un immense marché, constitué par une demande solvable de ces pays, pour nos produits industriels et une hausse des salaires qui ne rendrait pas aussi intéressantes les délocalisations. Peut être une paix plus stable. 

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