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évolution technologique

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Dans cette rubrique, le propos est, depuis le début, de tourner autour du phénomène qu’est l’évolution technologique. Que peut on en penser, en dire ? 

En quoi la technologie est elle « bonne », « mauvaise » ou neutre (selon qui et pourquoi on l’emploi ) ? ou bien n’est elle pas plutôt, toujours, ambivalente de nature ( pour résumer, du genre : « Tout ce qui a une face a un dos. Plus grande est la face, plus grand est le dos. » ... C’est une maxime chinoise ! c’est aussi l’avis de J.Ellul et d’autres historiens des sciences ) ? 

Le progrès technologique est il inéluctable dans sa direction et dans sa croissance exponentielle?  
Le progrès a t il changé dans sa forme, dans ses buts depuis le début de l’humanité ? La technique, du rôle de médiatrice entre le monde et l’homme, de puissance capable de changer le milieu extérieur pour protéger l’homme, est en voie de passer à un niveau « supérieur » d’endosser le rôle de créatrice, changeant l’homme directement dans sa nature biologique, prenant la direction de l’évolution de toute forme de vie). Y a t il révolution, aujourd’hui, dans les techniques ou continuité de celle ci depuis quelques centaines de milliers d’années? 

Que dire de l’écart entre promesse de résultats mirobolants ( guérison de toutes les maladies - cela a été annoncé, souvent ) et réalité actuelle ( très peu de résultats sur les cancers - alors même que leurs fréquence s’accroît , diminution d’efficacité des antibiotiques, pandémie mondiale faisant 40 millions de malades et 20 millions de morts etc...) ?  
Qu’est ce qui l’emporte de ses retombées positives ( surplus alimentaire) ou négatives ( pollution et appauvrissement des terres) ?  
Les faits scientifiques ou techniques expriment ils une vérité indubitable stable ? Ou peut il y avoir, selon le regard, plusieurs appréciations de leur réalité? 

Peut on parler des sciences quand on est un simple citoyen non engagé professionnellement dans leur élaboration ou dans leur application ( Les experts ne doivent ils pas être les seuls, s’adossant à de solides connaissances scientifiques, à pouvoir donner un avis.) ?  
Quelles sont les limites que l’on peut mettre à l’extension de la technique dans tous les domaines de notre vie ? A t on le droit d’en mettre? On se sent un peu honteux d’avoir ne serait ce qu’un regard soupçonneux sur la technique alors que nous en profitons, que nous ne saurions nous en passer.

Quel est le rapport entre science et technique ( l’une précédant l’autre et chacune étant presque autonome ou bien sont elles totalement intriquées, interagissantes ) ?  
Quel est le rapport entre technique et économie ? ( lequel entraîne l’autre ? Là encore les deux sont intriqués : la technique a besoin et engendre le capitalisme industriel - ou le dirigisme communisme - et le libéralisme, lesquels promeuvent la quasi exclusivité de la production « rationnelle ».) 
Entre technique et politique ? La science et la technique peuvent elles répondre à toutes les questions, peuvent elles résoudre tous les problèmes que posent à l’homme le fait de vivre ensemble ?  
Les espoirs que porte la technologique, l’affirmation qu’elle ne peut être jugée ni arrêtée ni même ralentie, ne font ils pas penser qu’elle est notre nouvelle religion ? 

           Aujourd’hui mère grand va vous conter l’histoire du précurseur du Fordisme, Honoré Blanc, dont la méthode d’organisation du travail - c’est aussi une technique - pour rendre la production plus rationnelle, plus rentable, ne fut pas reconnue.  
Il tomba dans l’oubli. Pourtant un siècle et demi plus tard Henri Ford, en Amérique, fit un tabac avec une méthode similaire : Production en série et standardisation des pièces.  
Dans le premier cas la société n’était pas mûre pour reconnaître l’ invention de H.Blanc, un siècle et demi plus tard le terreau était bon... malheureusement, peut on dire, car le travail à la chaîne ( et enchaîné ?) parcellisé, au rythme de la machine, débilitant, n’est pas une grande invention pour l’épanouissement de l’homme, pas plus sans doute que la consommation de masse, elle aussi standardisée, normalisée, quasi obligatoire.  
Vous pourrez trouver un article plus développé dans La Recherche d’avril 1998, par Ken Alder. On va tenter d’en faire un bref résumé. 

         C’est donc l’histoire du changement de technique de fabrication des fusils, du passage de la production artisanale à la production industrielle moderne ( rationnelle).  
Une nouvelle organisation du travail sous tend ces innovations techniques. L’innovation est l’interchangeabilité des pièces composant le produit final qu’est le fusil. Elle ne sera applicable qu’après instauration de la division du travail, de la hiérarchisation des acteurs, de l’embauche d’ouvriers sans qualification regroupé dans des usines, à travers le passage obligé par de nouveaux techniciens professionnels, agents de l’état et l’utilisation ou l’invention d’objets techniques que sont : le dessin industriels, les gabarits , les matrices (qui évitent le forgeage de pièces uniques.), les machines à forer des trous ( toutes inventées par H.Blanc ). Avant l’artisan fabriquait le fusil dans son entier, les pièces le composant n’étaient pas standardisées, stockables, échangeables. 
La fabrication de pièces détachées interchangeables constitue ainsi un élément clef de la production de masse moderne. 

         Pourquoi cette innovation d’H.Blanc a t elle était refusée ?  
Quels étaient les acteurs en présence ?  
-- les artisans. Les armuriers étaient sans doute parmi les artisans les mieux formés, un long apprentissage était nécessaire. Ils ont leurs secrets de fabrication. Ils sont indépendants, travaillent dans leur atelier. 
-- Les artilleurs à qui ils fournissaient les fusils étaient instruits dans des écoles qui leur donnaient de solides connaissances en géométrie, en science généraliste, métallurgie, gestion administrative, balistique, mécanique, dessin technique. Ils essayent de mettre au pas les armuriers, sans trop de succès, à la fin du 18ème siècle.  
-- Les intermédiaires qui se sont infiltrés entre ces deux catégories sociale, de la fin du 18ème et pendant le 19ème : les ingénieurs, les contrôleurs, les ajusteurs, dont une partie est payé par l’état. Les instruments nouveaux sont aussi des intermédiaires, ainsi le dessin industriel, médiateur entre le nouveau concepteur - l’ingénieur- et l’ouvrier non qualifié.  
-- Les ouvriers sans qualification, ils vont remplacer les artisans.  
-- L’époque : fin du 18ème siècle ( la révolution Française) Pour H.Blanc, et début du XXème, pour l’invention d’H.Ford. La Révolution Française, et son choix de protéger artisans et ouvriers mais le 18ème sc. est le siècle des lumières. « Dans l’encyclopédie, Diderot dénonce ainsi les secrets biens gardés du savoir faire des corporations qui étouffent l’innovation et ferment l’accès du commerce. Pour les remplacer il appelle de ses voeux une nouvelle alliance de la théorie et de la pratique. »  
Le 20ème siécle commençant du Fordisme est la victoire du capitalisme industriel, les ouvriers sont regroupés dans des usines, salariés, la hierarchie entre concepteurs et producteurs est mise en place, ainsi que sont créés de nouveaux intermédiaires entre le producteur et l’objet final ( intermédiaires humains et instrumentaux). 
Entre les deux siècles :Napoléon .Le régime Napoléonien et le rôle fort de l’état qui veut gérer la production d’armes. Les guerres qui en augmentent les besoins

-- Les idéaux de l’ époque : Soit le bon ajustement du produit représente la mesure de sa capacité à maintenir l’ordre social - à l’encontre de l’individualisme des artisans. Soit un idéal d’harmonie, laquelle est autant le signe de la coopération sociale que celui d’un bon fonctionnement. C’est l’avis de Gassendy, l’adversaire de Blanc, pour lui l’identité parfaite des pièces est une chimère.  
-- La preuve finale : Les pièces de fusil de Blanc sont elles réellement interchangeable ? En 1801 Aboville démontre que 492 spécimens sur 500 le sont effectivement . Son contradicteur, Gassendi, bidouille un peu l’expérience et ne trouve que 152 fusils utilisables sur 492. « Le contrôle des faits technologiques passe semble t il, par le contrôle du personnel chargé de les établir. » conclut K.Alder. 

Moralité : Les innovations technologique ne sont pas forcément appliquées tout de suite, dans l’urgence. Il n’y a pas un cours inéluctable de l’évolution technologique.  
« La fabrication des pièces interchangeables a été désavouée en France non parce que c’était un échec technique mais parce qu’elle avait cessé de représenter l’idéal d’organisation sociale du régime en place. » 
La rationalité et l’objectivité dans la production ne sont pas spontanées ni inévitables. Sont elles seulement désirables , n’ont elles pas transformé l’œuvre de l’ouvrier en travail émietté ?

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