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Interview .   

Dans cette page nous avons le projet de donner la parole aux acteurs locaux - scientifiques, pécheurs, commerciaux, associatifs… de Sète et de la région, pour échanger des points de vue, des enseignements sur la façon dont on vit , travaille, pense et se passionne à Sète et sa région . 

Aujourd'hui nous avons interviewé Naïk FAUCON, docteur en science de l'eau, basée à la station Méditerranéenne de l'environnement littoral à la plagette ( annexe de l'Université Montpellier II ) 

Elle revient d'une série de missions qui l'ont amené dans six pays du bassin Méditerranéen - Tunisie, Maroc, Albanie, Autorité Palestinienne, Liban , Egypte. Le but de ces missions était d'analyser, en étroite collaboration avec les partenaires nationaux, les besoins en formation des publics visés par le projet Med Wet Coast (MWC) de conservation des zones humides et des écosystèmes littoraux. Les ministères de l'environnement de ces six pays/autorités participent ( depuis septembre 99 et pour une durée de cinq ans) à ce programme international.

Le Chichois : Qu'appelle t- on les " zones humides " ? 

Naik Faucon : Ce sont les marais, les étangs, les lagunes, les mares, les prairies humides, les estuaires, les deltas etc. … Il s'agit de milieux naturels très productifs et riches en biodiversité, ils arrivent en seconde position - juste après les forets tropicales - pour la biodiversité. Ces zones représentent un habitat privilégié pour de multiples espèces de poissons et d'oiseaux migrateurs. Elles ont de plus un rôle de régulation des intrusions marines et des crues du bassin versant - c'est à dire qu'elle font tampon lorsque les eaux montent en amont ; Leur pouvoir épurateur de diverses pollutions est incontestable. Les étangs littoraux du Languedoc Roussillon en sont un très bon exemple, leur protection a été étudiée et un programme de gestion mis sur pied par le projet Européen " Life " entre 95 et 97. 

Le Chichois: Qu'est ce qui menace ces zones ? 

Naik Faucon : Ce sont des zones qui sont assez négligées, elles servent souvent de décharge. Très sensibles, ce sont aussi des zones qui bougent . Ces écosystèmes en constante évolution, se transforment vite naturellement - par comblement , érosion , piégeage des sédiments - et encore plus vite quand la main de l'homme s'y met - construction sur le littoral, assèchement, surexploitation de la pêche , des ressources halieutiques, démoustication " artisanale ", agriculture intensive etc. Souvent pollués et surexploités, il est indispensable que ces milieux retrouvent ou conservent un minimum d'équilibre pour continuer à tenir leur rôle irremplaçable dans de multiples activités humaines, qui sont parfois contradictoires dans leurs effets et dont la gestion conjointe est justement notre sujet de réflexion. Une des conséquences de la mauvaise gestion de ces zones est la " malaïgue ". Il s'agit d'une prolifération d'algues due à un enrichissement des eaux lagunaires en matière organique et minérale, la prolifération peut être telle qu'elle gène la circulation de l'eau, des bateaux et empêche la lumière de pénétrer en profondeur., puis les algues pourrissent, les bactéries se développent et consomment tout l'oxygène, tout en produisant des gaz toxiques , la faune et la flore aquatique peuvent en mourir.

Le Chichois: : D'où vient cette pollution ? Des déchets industriels ?

Naik Faucon : Surtout des eaux usées domestiques lorsque les stations d'épuration sont insuffisantes et le tourisme en plein développement. 

Le Chichois: : Quels étaient vos partenaires, et les sources de financement lors de vos dernières missions ? 

Naik Faucon :  La tour du Valat, le conservatoire du littoral, l'Atelier technique des espaces naturels ont participé au programme MWC. Les différentes ONG, sur le terrain, ont aussi un rôle important à jouer, bien sûr nous agissons de concert avec les associations professionnelles ( pecheurs, agriculteurs), les élus locaux, les ministères de l'environnement des pays concernés. Les fonds venaient surtout des programmes environnement des Nations Unies. 

Le Chichois:  Quel est le statut de la " tour du Valat " ? 

Naik Faucon : C'est un groupe privé, on l'appelle aussi Fondation Sansouir, à sa tête est un industriel Suisse, ornithologue qui a acheté une partie de la camargue pour y faire une réserve naturelle dans les années 60. La camargue est aujourd'hui un modèle d'aménagement des zones humides, entre autre l'extinction des flamants rose y a été évitée. 

Le Chichois:  Et le conservatoire du littoral ? 

Naik Faucon :  Le conservatoire du littoral protège le littoral contre une urbanisation excessive du littoral et des zone humides, il étudie l'impact du développement sur les divers littoraux. 

Le Chichois: Ce travail avec les pays méditerranéens en est à ses débuts, quelles sont vos impressions après cette première prise de contact ? 

Naik Faucon :  Je me suis donc occupée de reconnaître les besoins en formation de ces pays, formation nécessaire pour accompagner la réalisation du programme . Rappelons que le plan de gestion retenu devra tenir compte du développement économique des différents pays.

Le diagnostic du site ( choisir un site, en fonction des formes de vie qu'il abrite, de ses caractéristiques physico-chimique, de la nature de son environnement) est préalable à mon intervention. Les conditions des sites et les motivations des partenaires sont différents dans chaque pays.

Par exemple sur la bande de GAZA il y a un site qui occupe une dizaine de kilomètres du territoire. Il est situé au sud de la ville de Gaza. S'il n'est pas protégé il sera comblé très rapidement par les détritus venant des nombreux chantiers de construction alentour - très anarchiques. Il n'y a pas de station d'épuration. Pour se débarrasser des moustiques les gens déversent de l'huile de vidange sur le site et tout le monde compte sur les crues pour se débarrasser des pollutions diverses. Les acteurs locaux, la population veulent protéger le site pour laisser à leurs enfants un lieu agréable pour jouer, se promener.

En Albanie Il y a déjà une volonté organisée de faire participer les acteurs locaux au programme MWC. Trois sites ont été retenus, tous dans la région de Vlora. Les menaces sont la pêche à la dynamite et l'extraction industrielle du sel . Ces activités entraînent des modifications hydrauliques. Les albanais réclament des formations pour accompagner le projet.

En Egypte le danger est la surexploitation des ressources de pêche., l'emploi excessif et anarchique de pesticides Il y a trois sites dont deux sur le delta du Nil. Il n'y a pas de station d'épuration. Actuellement se développent des plantes aquatiques qui gênent la navigation des bateaux de pèche. L'aquaculture est totalement anarchique. 

Entretien recueilli par G.Glasgow




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